Le Collectif Récolte présente les résultats de ses recherches sur l’approvisionnement institutionnel en circuit de proximité

Une nouvelle ressource est maintenant disponible sur le portail web Commun’assiette! Cette ressource est composée de quatre fiches synthèses mettant en lumière les résultats des recherches d’Emilie Boivin-Deroy du Collectif Récolte, soutenue par le Système alimentaire local et intégré à Montréal (SALIM).

L’étude vise à caractériser les types de modèles d’approvisionnement alimentaire en circuit de proximité mis en place par quatre institutions de Montréal. Le but est d’en déterminer les facteurs de succès, les défis et les retombées positives pour améliorer ces modèles et les rendre pérennes pour les institutions et les producteurs et productrices. Dans le contexte de l’étude, ce sont deux Centres de la petite enfance (CPE) et deux institutions hospitalières qui ont été retenues selon les critères de sélection.

Sur les quatre institutions à l’étude, trois d’entre elles sont membres de Commun’assiette : CHUM, CHU Ste-Justine et CPE Le Jardin des Frimousses

Coup d’œil sur les résultats!

Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM)

Intéressés par l’approvisionnement en aliments locaux, biologiques et de circuits courts depuis 2019, le CHUM a fait affaires avec Jardins de Tessa, puis les Jardins de Mathurin et la Ferme de la Racine Carrée. Plusieurs défis ont été rencontrés par l’institution : le défi de se faire approvisionner en grand volume avec des espaces d’entreposage limités, une loi contraignante sur les approvisionnements publics ainsi qu’une charge de travail accrue et une pénurie de main-d’œuvre.

Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine (CHU Ste-Justine)

Engagé depuis 2017 à accroître l’approvisionnement en aliments locaux, biologiques et en circuit court dans leur institution, le CHU Ste-Justine s’approvisionne actuellement chez la Ferme de la Berceuse, les Serres du Dos Blanc et les Patates Gemmes et Frères. Quatre grands défis ont été rencontrés par le CHU : le fait de devoir fixer un budget plus élevé pour les aliments bio-locaux, une loi contraignante sur les approvisionnements publics, le désistement des fermes participantes dans le temps ainsi que la pénurie de main-d’œuvre au Québec.

CPE Le Jardin des Frimousses

Depuis 2017, le CPE Le Jardin des Frimousses s’intéresse aux concepts d’écoresponsabilité et d’alimentation durable. Ce CPE souhaite accroître ses  achats en fruits et légumes biologiques de circuit court, et s’approvisionne présentement chez les Jardins Carya. Les plus grands défis pour ce type d’approvisionnement sont la charge de travail intense et le besoin de compétences accrues pour effectuer la transition vers le local, ainsi qu’une pénurie de main-d’œuvre.

CPE Le Sablier

Le CPE le Sablier a été l’un des premier CPE  à développer une offre alimentaire en circuits de proximité. Dès 2005, il participe à un projet d’Extenso afin d’analyser ses menus en vue d’offrir aux enfants une alimentation plus locale, saine et nutritive. Dès 2014, il s’approvisionne en légumes biologiques de ferme en périphérie de Montréal. Depuis 2020, les Jardins Carya assurent cet approvisionnement. Le CPE achète aussi d’entreprises ciblées telles Pommes Marquées et  Fruits du jour afin d’élargir son offre. Les principaux défis à souligner au fil de son parcours sont le manque de constance des commandes et les relations fragiles avec les premières fermes sans oublier la charge de travail associée ainsi que la pénurie de main-d’œuvre.

Facteurs de succès pour les institutions

Plusieurs facteurs de succès ont été identifiés : forte mobilisation de l’équipe et appui de la direction, utilisation des outils de quantification, dialogue et confiance, planification, flexibilité, appui financier, maillage et collaboration, ainsi que la rédaction d’une politique alimentaire incluant les engagements de l’institution.

Retombées positives pour les producteurs et productrices

Approvisionner les institutions petites et grandes est avantageux pour les producteurs et productrices. En effet, ils ont une demande soutenue ce qui leur assure un revenu stable pendant toute la saison. Ces derniers ont moins d’acheteurs et de commandes à gérer, ce qui engendre moins d’emballages, de manipulations et de déplacements. Résultat : un gain de temps et une meilleure compétitivité au niveau de leurs prix. 

Ces résultats nous démontrent que malgré les défis, plusieurs facteurs de succès permettent aux institutions de faire la transition vers un approvisionnement alimentaire en circuit court de proximité, et aux producteurs et productrices du Québec d’approvisionner les institutions.

À propos du Collectif Récolte et SALIM

Membre de Commun’assiette depuis 2021, le Collectif Récolte est une entreprise sociale qui mise sur l’intelligence collective et la mobilisation communautaire pour catalyser des solutions qui mèneront à des pratiques alimentaires locales et durables.

Un de ces projets est le Système alimentaire local et intégré à Montréal (SALIM). L’équipe du SALIM accompagne des partenaires de changements dans le réseau d’approvisionnement alimentaire local et solidaire de Montréal. Leur mission est de renforcer ce réseau pour améliorer l’accessibilité aux aliments de proximité à la population Montréalaise, tout en soutenant les producteurs et productrices locaux dans leurs démarches d’approvisionnement.